La culture du Lin
Le Lin (Linum sp., famille des Linaceae) est une plante herbacée annuelle de régions tempérées, à croissance rapide, à fleurs bleues. Un champ de Lin en fleurs offre un spectacle magnifique.
En France, la culture se pratique dans le Nord, en Picardie, en Normandie, en Bretagne et en Anjou.
Le semis… mars-avril

Semées entre le 15 mars et le 5 avril, les graines de Lin mettront environ 100 jours pour atteindre leur taille optimale d’un mètre de haut.
Tout commence par la préparation du sol :
Il faut préparer un lit de semences qui assurera une germination régulière et rapide, et un bon développement du système racinaire des jeunes plantules.
Bien entendu, la terre sera maintenue très propre, sans mauvaises herbes.
Les graines seront semées en quantité suffisante au mètre carré, afin d'obtenir environ 2.000 pieds, bien levés. Ce qui correspond à environ 2 200 graines par m² (nous comptons 10 % de perte à la levée).
Un tel peuplement est dense, aussi est-il très important que la répartition de la semence soit aussi homogène que possible, pour occuper toute la surface et pour obtenir des tiges fines et régulières.
La graine est enterrée à une profondeur de 1 à 2 cm.

La floraison … Juin
De la levée à la floraison, il faut compter environ 2 mois et demi.
Sur une tige se développent 80 à 100 feuilles.
Pendant cette phase de croissance rapide, la sensibilité à la verse est maximum (la verse = les plantes se couchent par terre, par l'effet d'orages ou de fortes pluies). Parfois le lin pourra se relever mais s’il ne peut pas, sa qualité sera médiocre. Dans les jours qui précèdent la floraison, ou à son début, il y a là une période très critique.
Si la fleur de lin ne vit que quelques heures au sommet de sa tige souple, toutes les fleurs d’un même champ n’éclosent pas le même jour. Ce qui donne au paysage, pendant plusieurs semaines, une délicate couleur bleutée, mouvante, comme une mer impressionniste au gré du vent.
Il existe du Lin à fleurs bleues et du Lin à fleurs blanches.
Le Lin à fleurs bleues, plus productifs, représentent 90 % des surfaces cultivées en France.
Environ 30 jours après le début de la floraison, le Lin est mûr.

L’arrachage… Juillet
On ne fauche pas le Lin, on l’arrache ! afin de conserver toute la longueur des tiges.
L’arrachage commence lorsque les tiges sont défoliées sur le tiers de leur longueur depuis le sol. Elles sont laissées sur le sol, déposées en "andains" (nappe de Lin d’une largeur d’un mètre) qui donnent aux champs une beauté graphique. Les capsules contenant les graines prennent alors une couleur brun-jaune.
Le rouissage … Août
Première phase de transformation de la plante en fibre :
Dame nature prend le relais... soleil, rosée et pluie se chargent de décoller la peau fibreuse du bois central, les tiges prennent alors une belle couleur rousse. Le rouissage peut se développer dès que les conditions d’humidité sont favorables. Il est généralement nécessaire de retourner le Lin pour obtenir un rouissage homogène. Quand le rouissage est jugé optimum, le Lin est ramassé en grosses balles rondes.
Le Lin est ensuite teillé.... puis peigné, filé, tissé et enfin confectionné (vêtements, linge de maison...)
Le teillage...
Deuxième phase de transformation de la plante en fibre, mécanique cette fois-ci : pour exploiter les fibres – la peau du Lin – qui entourent le bois central, il faut les séparer. La fibre est ainsi séparée de la paille et des poussières. Processus mécanique spécialisé, le teillage comprend l'égrenage, l'étirage, le broyage et le battage. Flottent alors des effluves solaires et très sensuelles d’herbe coupée et de pain chaud.
Cette opération va permettre d'extraire de la plante :
- Le Lin teillé : qui sert à la fabrication de beaux tissus en 100 %, ou en mélange pour le linge de maison, l’habillement ou l’ameublement.
- Les étoupes : pour des tissus plus grossiers, cordages…
- Les anas : pour des panneaux agglomérés utilisés en menuiserie et combustibles.
- Les graines : pour l’huile, peinture, vernis et fabrication de tourteaux pour l’alimentation des animaux.
- Les poussières : amendement organique et terreau.

Le peignage
Le peignage est la préparation à la filature, une homogénéisation de la fibre en rubans doux et lustrés comme une chevelure blond cendré.
La filature
Troisième phase de transformation : de la fibre au fil.
C’est l’ensemble des opérations qui consiste à produire un cylindre appelé fil, en tordant des fibres textiles parallèles.
Il faut distinguer : la filature au mouillé et la filature au sec. La filature des longs brins et la filature des étoupes.
Les longs brins sont en général filés au mouillé, pour produire des fils fins et de qualité. Les étoupes sont surtout filées au sec, pour produire des fils plus gros et de qualité plus ordinaire.

Le tissage
Histoire, savoir-faire, innovations, luxe... les meilleurs tissus de Lin sont produits en Europe !
Qui n’a pas rêvé devant un jacquard de Lin ?
Mais saviez-vous qu’il se décline aussi en sergé, chevron, prince de Galles, double tissage, velours, fil flotté, gaze, satin …?
Dynasty forever
Les entreprises linières riment avec entreprises patrimoniales.
Travailler le Lin relève de la passion, et nécessite une connaissance quasi ancestrale doublée d’un talent visionnaire.
Ce savoir-faire se chuchote de père en fils selon un vocable très spécifique propre au Lin.

Une culture naturellement « développement durable » :
- Empreinte écologique soutenable
- Pas d’irrigation
- Ressource renouvelable
- Production peu énergivore
- Process naturel et mécanique (rouissage- teillage)
- Pas ou peu de phytosanitaires
- Réduction des gaz à effets de serre
- Emission de CO2 presque nulle
- Stockage de CO2 – production de biomasse (photosynthèse)
- Valorisation de l’ensemble des co-produits de la plante – 0 déchets
(Sources : ACV Lin et Eco-profil - normes ISO 14040 et 14044 INRA)
Tête d’assolement : Une culture rotative sans pesticide ni défoliant, un enracinement profond restructurant le sol, une récolte non abrasive pour la terre, font du lin une excellente tête d’assolement. La plante suivante gagne ainsi 20 à 30 % de rendement à l’hectare.
Un écoprofil irréprochable : Si le lin est reconnu depuis toujours pour son coté naturel, ses qualités écologiques sont aujourd’hui confirmées par les résultats de la toute première Analyse de son Cycle de Vie (ACV), réalisée selon les règles ISO en vigueur, des champs de culture au recyclage de vêtements usés.
« En ce qui concerne l’incidence environnementale des cultures de lin et de chanvre, le rapport d’évaluation souligne qu’elles ont des effets positifs sur la diversité des écosystèmes agricoles et des paysages. Les cultures de fibres offrent une pause environnementale salutaire pour la qualité des sols, la biodiversité et les paysages. »
Source : Rapport de la Commission au Conseil et au Parlement Européen, Bruxelles, le 20.05.2008
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